Apartés uchroniques

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Faut-il garder des souvenirs ? - II

Je viens d’effacer mon profil des sites copainsd’avant et trombi.com. Dans quelques semaines, Google devrait faire disparaître toute mes références.

Pour le moment, je ne suspends pas encore mon compte facebook, simplement pour pouvoir consulter de temps en temps.

Dois-je écrire ou parler ?

Les secrets du bonheur...

La semaine dernière, l’hebdomadaire Le Point a entrepris de révéler à ses lecteurs non pas le secret de l’existence de Dieu, comme l’abbé de Vilecourt dans le film Ridicule de Patrice Leconte mais rien moins que les secrets du bonheur. Non pas LE secret, mais bien LES secrets, conscient, peut être, qu’il n’existe pas de bonheur absolu (en dehors de la conscience de l’existence de Dieu…) mais des bonheurs variés… Quelques citations émaillent l’article et je ne résiste pas au plaisir (au bonheur ?) de vous les livrer avant la grande révélation…

« J’appelle bonheur tout espace de temps où la joie paraît immédiatement possible. » André Comte-Sponville
« Le bonheur dépend de nous seuls. » Aristote
« Le bonheur est l’état qui accompagne l’amour lorsqu’il ne se termine pas mal. » Jean-Didier Vincent
« Le bonheur est un idéal de pourceau. » Albert Einstein
« Pour être heureux, il faut être bête, égoïste et en bonne santé. » Gustave Flaubert.

Le philosophe Comte-Sponville livre là, à mon goût, la meilleure définition du bonheur : le bonheur est fugace et universel, il existe en tout lieu et en tout temps pour qui sait se laisser attraper par la joie. La vie est un bouquet de bonheurs cueillis au hasard du chemin… C’est, présentement, mon état d’esprit et une philosophie de vie que je tente d’observer. Tente est bien le mot car je me rends compte que si je suis éperdu de joie quand l’être aimé me sourit, je retombe avec une douloureuse facilité dans un abîme de larmes et de désespoir un moment plus tard, à la faveur d’ombres agitées dans un recoin sombre.

Quant à Aristote, je m’inscris en faux : le bonheur dépend aussi, parfois, des autres. L’autre peut être un vrai bonheur quand la joie est partagée. L’autre peut être un enfer, sans le savoir…

La journaliste Émilie Lanez poursuit son dossier en présentant cinq exercices pour être heureux : (les citations de l’article sont en italique)

1. Marcher dix minutes. Dix minutes quotidiennes suffisent pour mieux résoudre les problèmes qui encombrent notre mental. Du pipot : j’expérimente, chaque jour, pendant mes deux heures de marche quotidiennes l’auto-irrésolution des questions qui m’assaillent…

2. Se tenir droit. On se sent plus heureux lorsqu’on se tient droit. Comment-le sait-on ? Parce qu’il fut demandé à des patients de remplir un questionnaire visant à calculer leur niveau d’« auto-estime ». Lorsque les patients sont avachis dans des fauteuils bas, le dos courbé, leur niveau d’auto-estime est très bas. Les mêmes patients, obligés de se tenir debout derrière un lutrin, les épaules en arrière, soumis au même questionnaire, obtiennent un bien meilleur taux.Ben voyons : et si je me mets accroupi, je m’auto-déconsidère ?

3. Vivre l’instant. Apprendre à vivre en « pleine conscience l’instant présent. Il faut s’arrêter, se poser sans laisser son esprit partir ailleurs. Lorsque vous lisez l’histoire du soir à vos enfants, ne pensez pas aux poubelles qu’il faut encore sortir, profitez totalement de l’instant» . Oui, une seule chose à la fois, pour mieux s’appliquer mais que celui qui n’a jamais pensé à autre chose en embrassant me jette la première pierre… Curieux, pas de lapidation à l’horizon.

4. Dire merci. Il est plus bénéfique de concentrer cet exercice à une séance intensive par semaine, plutôt qu’à des miniséquences dans la journée. Donc, la soirée de gratitude consiste à passer en revue tous les gens qui vous ont apporté quelque chose de bon pendant la semaine (votre collègue de bureau avec lequel vous avez rédigé ce rapport, le dentiste qui a soigné votre carie, votre voisin qui vous a si gentiment salué dans l’ascenseur, et même Mozart qui a composé pour vous ces merveilleux opéras. Sans omettre les ouvriers qui ont fabriqué votre lecteur de CD). Confer certains de mes précédents billets… Mais aujourd’hui, j’aimerai dire merci pour une vraie raison…

5. Beaucoup sourire. Plus on sourit, plus la vie vous sourit. On a soumis des veufs, six mois après le décès de leur conjoint, à une série d’entretiens. Ils devaient raconter tous les bons moments vécus avec le défunt. « Ceux qui souriaient le plus souvent, et le plus sincèrement, étaient ceux qui, deux ans plus tard, étaient le plus heureux » Je commence à avoir des pattes d’oie aux coins des yeux à force de sourire. Hier soir, mon sourire était crispé, c’était un sourire très très intérieur. Bref, j’ai connu mieux.

Quoiqu’il en soit, le temps est venu d’agir pour mon propre bonheur…

Michael Jackson 1958 - 2009

Mickael Jackson 1958 - 2009
Hier, vers 23 h 30, j’ouvre la porte de l’appartement et aperçois mon chien allongé devant la porte du salon, juste en face de l’entrée, cherchant la fraîcheur du carrelage dans la nuit lourde et guettant mon retour. Dans la salle de bains, la radio est branchée sur RTL, pour lui tenir compagnie. Soudain, j’entends Georges Lang annoncer que Michael Jackson serait décédé selon un site internet américain, TZN. Je finis de me laver les mains et m’empresse d’allumer la télévision sur LCI. Et les images commencent à tourner en boucle : Michael Jackson serait mort… Pendant une heure, j’entends le même bulletin, les mêmes interviews, je vois les mêmes photos. Et vers minuit trente, la nouvelle est confirmée : il est mort d’une crise cardiaque. Je suis plongé depuis une heure dans la confection de madeleines promises au bureau. Je suis épuisé, le parfum des gâteaux cuits me donne la nausée, il fait chaud dans la cuisine. Las, je m’affale sur le canapé vers une heure et je commence à me demander ce que représentait Michael Jackson pour moi… J’ai évidemment grandi avec sa musique, ses clips, sans jamais vraiment partagé son univers. Toutefois, je me souviens très bien du clip Thriller, présenté un samedi soir, au cours d’une émission de Drucker sur la 2. J’avais été fasciné par ce film et sa musique. J’avais 15 ans. Je n’écoutais pas Jackson à cette époque, je l’entendais sur les radios. Je me demande ce que j’écoutais vraiment. Nous n’avions pas de chaîne stéréo, pour éviter les querelles entre mes parents au sujet du son forcément trop fort qui n’aurait pas manqué de faire entrer mon père, comme à son habitude, dans une colère noire contre la terre entière. J’écoutais la radio sur un gros poste à cassettes. Je crois que le tourne-disque fonctionnait encore. Mon frère aîné avait des disques de lui mais il versait plus dans Trust et ACDC pour me permettre d’écouter souvent Michael. Je n’avais pas la curiosité de chercher à mieux le connaître. Comme souvent pour les chanteurs de ma jeunesse et de mon adolescence, je ne l’ai découvert que plus tard, une fois adulte et indépendant. Re-découvert.

Je ne vais pas égrener les chansons que j’apprécie, parce que ma connaissance imparfait de sa carrière m’obligerait à écouter des extraits pour dire si j’aime celle-ci ou celle-là. Il y avait toutefois un je ne sais quoi de vie, de de profondeur dans ses chansons qui accrochaient mon attention. Qui accrochent mon attention, sans que je puisse affirmer haut et fort que j’aime Michael Jackson. Je comprends, qu’à l’instar de beaucoup d’autres, ce chanteur fait finalement partie de ma vie dans laquelle il occupe une petite case. Sa disparition, pour tragique et éprouvante qu’elle soit, ne me cause pas un chagrin si grand que je ressente le besoin de me précipiter demain pour acheter un cd. Pas encore, je pense que cela viendra dans quelques temps, par nostalgie (sic).

J’ai été étonné aujourd’hui, en revanche, de constater l’impact que cette triste mort a sur mes assistantes, pas encore trentenaires. En évoquant cette disparition, j’ai compris qu’elles voyaient une étape importante de leur vie au cours de laquelle elle n’ont jamais vraiment été confrontées à la disparition d’une idole. Sans hystérie, elles m’ont avoué être très touchées parce qu’elles considèrent franchir une étape de leur existence avec ce pan de leur jeunesse qui disparaît. Elles ont grandi avec lui, avec sa musique et le pensait immortel. Elles le croyaient sans doute immortel. Il n’en était rien.

J’ai voulu écrire ce billet pour me souvenir de lui comme un moment de ma vie. Simplement. Au delà des brumes sulfureuses qui l’entouraient, sa musique me touchait sans doute plus que je ne voulais m’en rendre vraiment compte. Son universalité me fascine. Il a existé et c’est le plus important.

Faut-il garder des souvenirs ?

Curieuse interrogation de ma part à la vue de mon précédent billet, non ? Pas tant que cela. Je vis dans l’instantané à travers les sms, les courriels et Facebook. Je n’utilise pas Twitter mais il s’en faut de peu. Et cet instantané va de plus en plus vite, je croule sous les messages courts sans que leur mise bout à bout n’aille au delà d’une conversation de bistrot sans consistance. Facebook est l’archétype de cette communication sans épaisseur : chacun commente le message de ses « amis », chacun fait le test de ses « amis », chacun peut devenir « l’ami » de parfaits inconnus, chacun se perd dans un tourbillon d’inutilité. Tout passe, tout lasse. Facebook aussi. Il ne répond actuellement pas à mon état d’esprit préoccupé par deux questions essentielles pour moi. Je viens donc de laisser un dernier message annonçant que je me retirais sur les terres de mon blogue. Que je me réfugiais, aurais-je dû écrire, dans une contrée familière, totalement maîtrisée et que j’ai construite de mes propres mains… Mon blogue a un côté rassurant  car plus intime. Sur Facebook, j’ai l’impression de faire du naturisme…  Non pas que cela m’éffraie, loin de moi cette hyprocrise, mais il n’y a pas, sur ce réseau, le recul nécessaire : un message est publié, un autre, puis encore un autre sans que vous ayez eu le temps de commenter le premier. Je ne fais pas disparaître le profil, c’est impossible, il ne peut peut être que désactivé, je ne publierai plus de messages pendant un certain temps.

L’autre jour, je discutais avec un ami qui me confiait conserver tous ses sms depuis trois ans. Cette réflexion m’a surpris parce que jusqu’à présent, j’effaçais régulièrement les textos reçus ou émis. Et puis mon nouveau mobile HTC est arrivé et il les archive par conversation : il classe par ordre chronologique tous les messages échangés avec quelqu’un… Je peux donc prendre le temps de relire…

En revanche, j’ai toujours conservé tous les courriers électroniques émis ou reçus, au moins ceux de mes amis : seule la mort d’un disque dur peut me priver de ces petits trésors. Je ne suis pas nostalgique. J’ai simplement besoin de savoir que je peux relire certaines phrases.

J’ai aussi chez moi, dans une boîte octogonale verte, des dizaines de lettres et de cartes reçues lorsque j’étais au collège et au lycée, de la part d’amis aujourd’hui presque perdus de vue : je ne l’ai pas ouverte longtemps, je n’ai aucune envie de revivre le passé. Elle est seulement là, à portée de main, si jamais…

Puisque je suis dans un moment de mise au point, je vais en profiter pour mettre à jour ma liste de liens, à droite, pour effacer les blogs défunts et ajouter de nouveaux blogs que je lis régulièrement…

Est-il absurde de désirer l'impossible ?

Un ami facétieux, m’a enjoint, dans un sms gentiment comminatoire, de plancher sur mon blogue sur l’un des sujets du bac philo de ce jour : « Est-il absurde de désirer l’impossible ? »

Nonobstant l’affection que je lui porte, je suis au regret de lui répondre, sur un ton totalement réprobateur : « heu, tu te touches la nuit ou quoi ? » Pardonnez ce langage de charretier si imagé qui, pourtant, dit bien ce qu’il veut dire : je suis nul en philo mais d’une nullité crasse et constante. Il y a 24 ans de cela, l’année du bac, jamais ma moyenne en la matière n’a dépassé le 9/20. Cette note m’a poursuivi jusqu’à l’examen puisque j’ai été récompensé par un joli 9 aussi ce jour là.

Toutefois, je ne me sens pas de décevoir l’attente de ce farceur et je m’empresse de lui livrer quelques éléments de réflexion. En effet, prenant prétexte d’une journée psychologiquement chargée, mon esprit fébrile a battu plusieurs fois la campagne et s’est échappé des dossiers pour tenter de retrouver la petite Sophie et Jostein Gaarder. Fichtre, ces deux là ont couru si vite devant moi que je n’ai pas réussi à les rattraper. Il n’était pas dit que je défaillirais devant le défi (au risque, pour le demandeur, de bientôt souffrir atrocement dans une vengeance subtile) et je me suis creusé la tête pour le satisfaire…

Après l’invocation rituelle des mânes de Platon et de Pierre Dac (devinez lequel des deux je préfère), je peux, sans rougir, répondre que la problématique qui se dégage est la suivante : est-il rationnel de désirer l’impossible (conforme aux exigences de la raison et à nos intérêts) ? Est-ce raisonnable au regard de la dualité de l’Homme : être de raison et être de désir ?

Il serait malheureux de tomber dans la facilité en s’affranchissant de la définition du désir en le distinguant du besoin et de la volonté raisonnable, de la définition de l’impossible qui peut être l’interdit, mais aussi le contradictoire, l’illimité (désirs ni naturels, ni nécessaires, d’Epicure), ou le simplement non encore réalisable de fait. Vous me suivez  ? Un peu perdus ?

Je ne saurais trop vous recommander, pour saisir tout le sel de cette réflexion et retrouver le chemin de la petite Sophie, de vous référer à nos illustres aînés que sont Platon (hic, ta mère) et son désir comme manque, Hegel (pas trop fort, je ne suis pas sourd) et la passion et ses vertus, Descartes (toujours disponible pour s’amuser, oui vous le savez, il est toujours prêt, Descartes, à jouer) et son fameux “Il vaut mieux changer ses désirs que l’ordre du monde”, Epicure (que j’ai beaucoup fréquenté l’an dernier en classe de chimio) et les stoïciens (à sa mèmère).

Je ne veux pas être le seul à faire carburer mes neurones. Aussi me contenterais-je de vous indiquer quelques pistes avec un imité de la très sainte trilogie dialectique thèse/antithèse/synthèse - amen…

I. Oui, (il est absurde de désirer l’impossible) au sens de mauvais calcul, d’illogique, d’irrationnel, le but apparent du désir étant le plaisir et de parvenir à la satisfaction.

A. L’impossible, c’est ce qui n’est pas accessible dans le réel ou ce qui est contradictoire en soi. Ex : immortalité pour des êtres mortels, don d’ubiquité pour des êtres finis. Dès lors désirer l’impossible c’est la garantie de ne pas obtenir l’objet du désir. Donc souffrance garantie auquel on ne peut aspirer en tant qu’être de désir, être sensible.

B. On ne peut s’investir dans un projet que l’on sait irréalisable : dépense stérile d’énergie et limite de l’imaginaire. On ne peut désirer l’impossible si on le sait vraiment impossible. Le propre du désir, c’est qu’il se représente son objet comme possible. Reconnaître que la chose est impossible, c’est donc ne pas pouvoir la désirer.

C. Ce serait donc un comportement irrationnel. Or si l’homme est un être de désir, il est aussi un être de raison. Donc, il faudrait s’en tenir au possible !

II. Mais ne serait-il pas déraisonnable de s’en tenir au possible ? Non, il n’est pas absurde ( au sens de déraisonnable) de désirer l’impossible.

A. Contrairement à ce que soutiennent Descartes, les sagesses antiques (épicuriens et stoïciens) qui invitent à ne désirer que le possible, on peut considérer que s’en tenir aux désirs du possible est une approche bien médiocre du désir. Réduire le désir à une volonté raisonnable ou aux besoins, ce n’est plus vraiment être dans le désir ;

B. Le désir est un « moteur » : ne désirer que le possible, c’est se contenter de ce qui est : Désir, pouvoir de transformer, de tendre vers une perfection. Chez l’homme l’utopie est nécessaire, sans elle pas de progrès dans l’histoire et ailleurs.

C. ne désirer que le possible, c’est être garanti de parvenir à satisfaction et donc arriver vite à bout du désir. Or on peut penser que le plaisir est dans le désir donc ne désirer que le possible, c’est se condamner à l’ennui, à la souffrance paradoxalement. A vouloir y échapper, on la crée.

III. Si tout désir est désir de l’impossible, il est vraiment absurde de renoncer au désir de l’impossible !

A. Le sujet présuppose que l’on puisse désirer autre chose que l’impossible. Or l’objet du désir peut être considéré comme étant l’impossible : Obtenir une reconnaissance (Hegel), retrouver la plénitude perdue ( mythe de l’androgyne), la quête d’absolu, accéder au bonheur, ce qui est recherché à travers tous les désirs : le bonheur inaccessible (Freud, Platon)

B. Le sujet présuppose que l’on peut bien cerner la différence entre possible et impossible. Le désir repousse les limites du possible.

C. C’est donc peut être absurde de désirer l’impossible, mais c’est le lot de l’homme déchiré entre désir et raison et le désir peut être au service de la raison (Exemple désir de vérité à l’origine des sciences de la philosophie etc….), au service de la transformation de ce qui est, de l’histoire, des progrès de la science et de la technique.


Il faut bien conclure (surtout si l’on pense avoir une ouverture) : ce qui serait donc absurde, ce serait donc ne pas désirer l’impossible, car ce serait alors ne plus désirer du tout. Quod erat demonstrandum ! (oui, on a ses humanités ou pas).

Je voudrais remercier mes parents, mes frères, mes amis, la concierge dans l’escalier, mon chien qui me supporte, leur soutien a été incommensurable pour la rédaction de ce billet.

J’ai gardé le meilleur pour la fin et ma reconnaissance éperdue se tourne vers Caroline Sarroul, professeur de philo à Montélimar qui a mis en ligne sur le site le web pédagogique cette proposition gratuite de correction d’un sujet de philo du bac 1989.

Alors, Marc, heureux ?

Bon très de balivernes, je pense, fondamentalement, que ne pas désirer l’impossible c’est s’exposer à l’immobilité. Et puis, comment affirmer que l’impossible ne deviendra pas possible au fil de la conquête ? Un verre de Chablis pour faire passer ces pensées ? Restons simple, appellez-moi Sicambre ;-)



Mise à jour du vendredi 19 juin 2009 : La dissert’ de philo de Jean d’Ormesson - Un moment de pur plaisir…



« C’est tout le problème de l’utopie. Et sans utopie, nous entrons dans la barbarie. Il faut toujours souhaiter, espérer, réclamer l’impossible. »

Ma vie est pleine d’utopies, des petits univers que mon cœur et mon âme construisent sans relâche souvent aux dépens de ma raison. Et si… et si je n’avais pas pris cette décision, et si je n’avais pas eu ces sentiments, qui serais-je aujourd’hui ? Voilà les uchronies qui chamboulent mes nuits, font battre mon cœur et tressaillir mon âme… Je souhaite, j’espère, je réclame l’impossible. Parce que je sais que c’est possible. Même si je suis seul à le savoir, même si ce n’est pas partagé. Parce que certains sentiments sont impossibles à dompter, parce qu’ils s’imposent comme une telle évidence que l’on se demande pourquoi on ne les a pas ressentis auparavant… Je n’aime pas sur commande, sur conseil, sur avis. J’aime par élan, par nature, simplement, sans plus me demander comment. Je sais pourquoi j’aime. Une utopie sentimentale… elle est bien accrochée, elle a trouvé un port d’attache, tout mon être. Elle est devenue « topie ». Elle existe. Quoi que l’on dise. Et demain ? Je ne sais pas. Qui peut savoir ?

Iran, suite...

Au delà de la situation politique, je trouve fascinante la circulation de l’information ou plutôt les tentatives des opposants au pouvoir en place pour informer le monde entier. Tous ces téléphones portables brandis pour témoigner au monde me secouent. Nous sommes dans une société d’images, c’est un lieu commun que de l’écrire mais ces images sont plus fortes que jamais : l’histoire prend naissance sur nos écrans.

Un article du Figaro recense les sources d’information du net.

Aussitôt surgissent les images de la chute du mur de Berlin que j’avais suivie en direct, celles des émeutes en Roumanie et de la cavale des Ceaucescu qui m’avaient surpris durant les fêtes de fin d’année de 1989, celles de la place Tienanmen si humaines, si émouvantes…

Je suis totalement impuissant même si j’affiche un certain soutien aux partisans de Moussavi, impuissant mais attentif comme jamais.

La position d’Obama me trouble parce qu’elle sonne juste quand il prévient le monde que Moussavi et Ahmadinejad c’est du pareil au même.

La société iranienne aspire à changer, elle souhaite reconquérir la liberté promise par la révolution de 1979 et promptement confisquée par les religieux à leur seul profit. Le pourra-t’elle ? Je l’espère…

Mise à jour du jeudi 18 juin 2009 : un billet de la journaliste du Figaro Delphine Minoui présentant le récit d’un manifestant…

Ne pas se retourner...

Un courriel est arrivé, aujourd’hui, en provenance du site « Copains d’avant » pour présenter un message automatique d’une ancienne camarade d’école primaire, Valérie V. C’était l’une des deux garces qui passaient les récréations à me tirer les cheveux en me menaçant de révéler aux maîtresses que c’est moi qui les brutalisaient. Elle et sa copine Carole J., je les ai détestées pendant les 5 années de l’école élémentaire. Je ravalais mes larmes pour ne pas leur accorder le plaisir de se moquer de moi à ces petites salopes qui avaient trouvé un souffre-douleur trop timide pour se plaindre. Je n’ai jamais avoué ces moments que je ressentais comme cruels et injustes, à personne. Pendant plus de 35 ans, j’ai gardé cela au fond de moi.

Avec ce message, nous touchons aux limites de la nostalgie et des retrouvailles des anciennes connaissances… Hormis Philippe, parce qu’entre nous il y a plus de que de l’amitié, il y a, à n’en pas douter, une grande affection (qui justifie, à elle seule, nos chamailleries), je ne veux pas renouer avec les fantômes de ma jeunesse. Le passé est enterré. Je me fous totalement de ce que sont devenus ces inconnus autrefois si proches. Le destin nous a séparé, j’ai fait ma vie, ils n’ont plus aucune place. Il ne servirait à rien de les revoir, je n’aurais rien à leur dire : comment faire pour raconter trente années de ma vie ? Je n’ai pas aimé ma jeunesse, je n’étais pas à l’aise, pour beaucoup de raison, surtout parce que j’étais observé, jugé et limité dans mes mouvements.

J’ai découvert la vie à 17 ans puis à 25 ans, en prenant un appartement et enfin, je devrais dire surtout, à 40 ans, à trois exceptions près - François et Éric, Jérôme et Franck. Mes cercles d’amis actuels me conviennent et me suffisent, je n’ai plus de place pour mon passé atone et insipide. Je ne suis pas un ami parfait : mes silences ne sont pas de l’indifférence mais de la timidité (je dérange une famille en appelant, je dérange un couple en appelant, je dérange un célibataire évidemment bien occupé en appelant) et l’absence d’envie de dégueuler mes cafards réguliers sur les épaules compatissantes (forcément compatissantes puisque ce sont mes amis).

Certains peuvent croire que je fonctionne à la méthode Coué lorsque j’affiche sur Facebook une icône de moral « bonne humeur ». peut être que oui, peut être que non (un petit clin d’œil à SIn alias Stéphane). Sûrement non, parce que c’est mon optimisme qui m’a permis de poursuivre ma route, malgré des ennuis de santé suffisamment graves pour que j’envisage un suicide, accablé par le découragement. Sûrement oui, parce que je me dis que c’est un bon moyen de conjurer la mélancolie qui si souvent me visite (et il n’y a bien qu’elle qui m’accompagne aussi fréquemment, hélas). Pourtant, chaque jour, quand j’ouvre les yeux, je remercie, ab imo pectore, pour cette journée supplémentaire à vivre et chaque soir, je remercie encore pour la journée vécue. Bien sûr, je ne peux faire l’impasse sur les peines et les pleurs mais les joies et les rires sont aussi présents. Je vis le moment présent, j’ai quelques rêves d’avenir mais c’est tout. Mon passé n’a plus aucun intérêt, j’en ai tiré toute l’expérience possible, comme une sunstantifique moelle amère et douloureuse. Je garde ma nostalgie pour des périodes bien plus anciennes (Vive le Roi ! un clin d’œil à Rod alias Alain) et forcément plus intéressantes.

Que foutent le camp tous ces camarades d’école, de collège ou de lycée, qu’ils rejoignent les limbes de ma mémoire. Vous ne m’intéressez plus. Sauf toi, Cécile, toi Bénédicte… Les exceptions qui confirment la règle. Philippe, je t’embrasse affectueusement, ma vieille baderne.

J’ai simplement besoin de vous, mes amis présents, vous pour qui le décompte desquels les doigts de mes deux mains ne suffisent plus. Vous m’apportez tant de bonheur en acceptant de me faire une petite place… Si vous saviez… Comment vous remerciez ?

Un ami, Marc, avec qui je bavardais récemment, m’a conseillé de relire « Le Petit Prince », notamment le passage du renard. J’ai acheté hier le livre. Juste à côté de chez moi, la statue de Saint Exupéry et du Petit Prince, figés dans ce bronze qui éclate d’or dans le soleil du soir, me regarde passer tous les jours. Je voudrais te dédicacer ce billet toi, à qui j’ai révélé ce blogue récemment, farouche et solitaire. Je ne suis pas le Petit Prince, tu n’es pas le renard. Ou l’inverse. Mais il faut savoir s’apprivoiser, peut être autour d’un verre de Chablis…

L'Iran tremble...

«Il faut soutenir la contestation iranienne». Ainsi commence l’éditorial d’Yvan Rioufol dans le Figaro d’aujourd’hui.
« Le régime totalitaire d’Ahmadinejad, qui attend la venue de l‘“imam caché” dans un délire apocalyptique (…) se révèle pour ce qu’il est: un islamo-fascisme irrationnel, à deux doigts d’obtenir l’arme nucléaire, et dont l’idéologie conquérante, antijuive et antioccidentale, alimente également le Hezbollah et le Hamas ». J’ai vu les images de cette jeunesse qui soutient Mir Hossein Moussavi, de ces femmes qui voient dans la mise en avant de Zahra Rahnavard, sa femme, une « nouvelle icône iranienne » à imiter parce qu’elle symbolise la reconquête de la liberté, j’ai vu ces forces vives et enthousiasmes réclamer la justice et l’ouverture sur le monde d’un pays au régime fascisant et aux pensées monstrueuses et destructrices et j’ai senti naître l’espoir de voir chuter cette aberration politique qui sous couvert d’un islam rigoriste et intolérant anéantit petit à petit une civilisation trois fois millénaire.

Mais souvenons- nous aussi que nous avons fait prospérer les talibans au temps de la guerre froide. Puisse la contestation iranienne être enfin la vraie révolution dont a tant besoin ce grand pays.

Mise à jour du mardi 16 juin 2009 : un article d’un blog du Figaro, la rue défie le pouvoir…

Une lettre...

Je n’ai pas écrit de lettre depuis longtemps. Je me souviens de cet échange épistolaire qui avait enflammé ma vie. J’avais pris la plume pour coucher des mots que le clavier ne pouvait pas transcrire. Parce qu’ils touchaient à l’âme, parce que ma vérité n’étaient pas la vôtre, parce que je voulais donner une réalité tangible à l’indicible. Naguère, mais il a déjà si longtemps. A l’hémistiche. Autant avant qu’après. Parce que les commencements sont toujours merveilleux.

Je n’ose pas reprendre ma plume de métal. Il le faudrait pourtant. Je pense que ce serait une catharsis salvatrice. Enfin pour moi. Ou non.

Lettre à…

Voilà maintenant plusieurs semaines que vous occupez mes pensées, par vos sourires, par vos rires, par vos mots. Je ne sais si vous le savez. Je veux vous le dire. Je cueille vos regards à la dérobée pour mieux les collectionner pour mon seul usage. Face à face, ils ne sont que pour moi. Lorsque vous me parlez, ils scandent vos phrases et leur donnent un corps frémissant. A tout moment, je les attrapent et les garde au fond de mon cœur. Je glane aussi les …

Je n’ai pas le courage de poursuivre. Ce que je ressens m’appartient. Ou nous appartient. Enfin, si tu le souhaites. Je…

Dire ou ne pas dire...

Une nouvelle se pose pour moi la question de révéler l’adresse de mon blogue à mes amis ou à des connaissances… Je me rends compte que depuis que je sais que mes intimes le parcourent régulièrement, j’ai modifié le ton de mes billets en observant une certaine retenue. Certains lecteur se sont émus de cela mais je ne sais pas encore comment gérer un billet où j’avouerais telle ou telle chose et affronter le regard que mes proches lecteurs porteraient sur moi lors de nos rencontres.

Les plus anciens (et assidus) ont peut être remarqué que la publication de certains billets a été suspendue à la suite d’évènements particuliers dans ma vie. Les messages trouvaient leur justification au moment de leur rédaction comme prolongement de la vie réelle, comme un petit jeu entre l’autre et moi et je savais qu’ils étaient perçus comme tels par leur destinataire. Mais la roue tourne et leur invalidation m’a aidé même si elle s’est faite ab irato. Une colère dirigée contre moi, au moins dans un premier temps. J’ai décidé de les remettre en ligne. Suffisamment de temps s’est écoulé depuis cette histoire pour que leur re-publication n’ait d’autre valeur que le témoignage. Il serait ridicule pour moi de nier les circonstances de leur publication alors que le but ultime de mon journal est de me souvenir de ma propre vie : j’avais dit précédemment que chaque billet était un petit caillou blanc sur mon chemin personnel. Pourquoi écarter les cailloux noirs ? Quelques pièces du puzzle viennent de reprendre leur place.

Il faut maintenant que je m’interroge sur l’avenir de ce journal personnel. Depuis quelques temps déjà, j’ai, inconsciemment, raréfié les publications : j’avouais l’autre jour à un ami que l’angoisse de l’écran blanc me saisissait souvent et avait raison de mon courage. Mon dernier billet a été une petite bombe qui m’a éclaté à la figure. Honnêtement, je confesse que c’était totalement volontaire et que j’avais besoin, à ce moment là, d’entendre ou de lire certaines choses pour m’extirper du cafard… Save my soul, une variante du sms ;-)

Hier soir, j’ai donné l’adresse du blogue à quelqu’un… N’est-ce pas une solution de facilité pour me faire connaître sans avoir à trop en dire ? J’ai hésité avant cette démarche volontaire parce que j’ai l’impression de partir avec un handicap : je me livre à travers 650 billets alors que je ne sais rien de cette vie au delà de l’écran. Rien n’est pas le mot juste. Tant pis. Si tu lis ce blogue, toi à qui j’ai donné l’adresse, tu comprendras peut être.

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