Apartés uchroniques

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Une tarte aux pommes...


Lorsque j’étais enfant, ma mère confectionnait souvent des tartes aux pommes le mercredi ou le dimanche. Elle se souvient encore des longs moments que je passais devant la porte du four, guettant l’ultime moment où la bête chaude rendrait sa liberté au gâteau maternel et où je pourrais plonger ma cuillère pour le dévorer enfin à pleines dents… Elle aime aussi à raconter sa première tarte de jeune mariée qui ne fuit mangeable qu’une fois longuement rassise. J’avoue, que depuis 1964, elle a su cultiver son talent de tarteauxpommiste (bon, ben, de confectionneuse de tartes aux pommes).

Dans les tartes, je n’aime pas la croûte et c’est toujours par elle que je commence : je finis par la pointe, là où la garniture est la plus goûteuse. Dans la tarte aux pommes, je pense que je préfère les pommes au reste. Le côté compoté rend le fruit doux et fondant et je suis fait pour la douceur… Et c’est pour cela que j’aime les tartes aux pommes avec compote et que je m’oppose, sur ce point, à ma mère.

Par curiosité, j’ai lancé sur google une recherche avec les mots « tarte aux pommes » : 776 000 résultats et 181 000 images…

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J’ai l’impression que ce dessert est l’un des plus populaires qui soit ! Pourtant, je connais des personnes qui s’obstinent à acheter leur tarte dans les supermarchés : honte à eux ! Conscient de mon rôle de propagateur du bien manger, c’est investi d’une mission gastronomiquement divine que je vous livre, céant, le secret de ma tarte aux pommes… Simple et parfumée, elle tend à la perfection, en toute modestie, j’ose le reconnaître humblement.

Ma tarte aux pommes

Pour deux moules à tarte de 24 cm de diamètre

Préparation : 30 min - Cuisson : 45 min

Ingrédients pour deux pâtons de pâte brisée : 500 g de farine, 380 g de beurre rammoli, 20 g de sucre glace, 20 cl d’eau environ, 2 pincées de sel


Méthode avec un robot (loué soit mon Kitchenaid artisan) : tamiser la farine et le sucre glace dans le bol, ajouter le beurre ramolli coupé en morceaux. Utiliser le crochet à pâte et lancer à petite vitesse. Ajouter peu à peu l’eau. Augmenter la vitesse à 2. Lorsque la pâte forme une boule, arrêter. Diviser la pâte en deux pâtons de même poids et laisser reposer couvert au réfrigérateur au moins une heure.

Méthode manuelle : tamiser la farine et le sucre glace dans un grand saladier, ajouter le beurre ramolli coupé en morceaux et l’eau petit à petit. Pétrir jusqu’à ce que la pâte ne colle plus aux doigts, former une boule. Diviser la pâte en deux pâtons de même poids et laisser reposer couvert au réfrigérateur au moins une heure.

Nota : le repos permet à l’amidon de la farine d’éclater et au beurre de communiquer ses parfums à la pâte. Un repos d’une nuit est encore mieux. Cette pâte se congèle sans problème soit en boule soit étalée dans le plat à tarte (après la congélation, démouler la pâte et la placer dans un sac congélation avant de la la ranger : elle sera directement utilisable la prochaine fois et n’aura plus qu’à être gardnie avant cuisson sans décongélation préalable).

Cette pâte brisée a de multiples usages : sans sucre, elle sert de base aux tartes salées, par exemple.

La quantité d’eau est une estimation : en fonction du taux d’humidité de la farine et du beurre, vous aurez besoin de plus ou moins 20 cl. De même, à l’usage, vous constaterez qu’en générale, la livre de farine est insuffisante et qu’il faut en rajouter une ou deux cuillères à soupe pour obtenir une pâte non collante.

Ingrédients pour une tarte : 1 kg de pommes à compote à chair fondante, 1 kg de pommes à chair ferme, du sucre en poudre, de l’extrait de vanille ou de la cannelle en poudre

Éplucher les pommes pour la compote, les couper en morceaux, les placer dans une casserole et faire cuire à feu pas trop fort pour obtenir une belle compote. L’utilisation du four à micro ondes est possible : placer les morceaux de pommes dans un récipient adapté, couvrir et faire cuire à pleine puissance 15 minutes environ. Quand les pommes sont cuites, utiliser une fourchette pour les réduire en compote. Laisser refroidir puis ajouter la vanille ou la cannelle à discrétion, selon votre goût.

Préchauffer le four thermostat 6/7 -180/210°C.

Pendant ce temps, étaler la pâte et garnir le moule beurré (même si c’est un moule anti-adhésif). Le placer au congélateur 30 min (pour éviter que la parte ne se rétracte à la cuisson). Étaler la compote sur le fond de tarte.

Éplucher les autres pommes, évider le centre, les couper en deux. Trancher les moitiés en lamelles de 2 mm dans le sens de la largeur. Les disposer en un cercle concentrique dans le moule.. Au centre, placer une demi-pomme coupée en lamelles mais sans trop les détacher.

Saupoudrer de sucre semoule et enfourner pendant 30 min environ.

Servir tiède ou froid.

Bien évidemment, la compote de pommes n’est pas obligatoire mais le résultat est vraiment délicieux… A vous de voir !

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Ma Normandie dans l'assiette... des joues de porc au cidre

Prenez des joues de porc, du cidre et des pommes et hop, vous voilà en Normandie… Bon, certains objecteront qu’il suffit de prendre le train à la gare de la Part-Dieu jusqu’à Nogent-le-Rotrou pour se retrouver au cœur du Perche. Mais quand vous êtes à Lyon, place Bellecour, comment faire pour rêver à la terre de ses aïeux ? Et bien, Prenez des joues de porc, du cidre et des pommes et hop, vous voilà en Normandie. Remarquez, cela marche aussi si vous rêvez de la Bretagne.

Je ne reprendrai pas mon petit laïus sur l’intérêt de la joue de porc, vous pouvez le retrouver ICI. Considérez simplement un dimanche enneigé, un marché aux étals clairsemés et un congélateur recelant quelques trésors comme des joues de porc achetées chez TROUILLET-FABREJON en novembre. Il était temps de les cuisiner d’une manière si simple qu’il serait presque indécent que vous ne pratiquiez pas, au plus vite, cette recette où la simplicité le dispute aux saveurs…


Joue de porc au cidre

Pour 4 personnes

Préparation : 20 min - Cuisson : 45 min ou 1 h 30

Ingrédients : 1 kg de joues de porc, 1 bouteille de cidre brut, trois échalotes, 1 pomme fruit acide, sel et poivre du moulin


Couper les joues de porc en morceaux et les faire dorer dans un peu de matière grasse (graisse de canard ou mélange beurre + huile).

Éplucher les échalotes et les couper en deux, éplucher la pomme, l’évider et la couper en quatre, ajouter le tout aux morceaux de joues de porc. Mouiller avec la bouteille de cidre, saler et poivrer. Cuire 45 minutes à l’autocuiseur à compter du sifflement ou 1 h 30 à feu modéré (petits bouillons).

La viande doit être très tendre. Réserver les morceaux. Mixer le jus, les échalotes et les quartiers de pomme pour obtenir une sauce émulsionnée et liée. Rectifier l’assaisonnement. Réchauffer la viande dans la sauce.

Servir aussitôt accompagné de riz pilaf et arrosé d’un bon cidre brut IGP !

Vous pouvez, juste après avoir fait dorer la viande, arroser les morceaux d’un verre de calvados et faire flamber.

Mixer la pomme et les échalotes donne du corps à la sauce et évite l’emploi de farine ou de crème fraîche. Voilà une méthode agréable que m’avait soufflé mon ami Marc à propos du bœuf bourguignon…

Les Rois de l'Epiphanie

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L’adoration des mages, par BOTTICELLI, conservé à l’Église Santa Maria Novella de Florence


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L’Adoration des Mages par Guido DA SIENA vers 1270-1280




2010 !


Une lyonnaiserie s'il en est : le gratin de cardons à la moelle....

Si beaucoup de monde autour affiche un désintérêt voir une aversion pour Noël, il n’en est rien pour moi, bien au contraire et j’avoue que si j’avais eu des enfants, j’aurais fait de cette sainte fête un grand moment éclatant. Mais le destin en a décidé autrement donc je ne boude jamais mon plaisir en décembre, notamment au cours du déjeuner familial de Noël qui se tient à la maison depuis plusieurs années, le réveillon réunissant toute la famille chez mes parents.

Un divin sort m’a permis, cette année, de prolonger ces agapes joyeuses et traditionnelles avec un déjeuner dominical, hier, au cours duquel j’ai traité avec un grand plaisir cinq convives amicaux. Prompt à satisfaire des appétits rompus aux festivités, je me suis creusé la tête pendant plusieurs jours pour connaître les menus que j’allais proposer. Finalement, les deux déjeuners ont comporté des entrées identiques : des noix de Saint-Jacques, endives et fenouils braisés et une terrine de foie gras maison. Si celui de Noël a vu ces entrées être suivies par un rôti de veau farci et un gratin de cardons à la moelle, le déjeuner d’hier, dimanche, m’a permis de proposer un gigot d’agneau de sept heures (mon premier) avec une purée de pommes de terre aux morilles.

Connaissez-vous le cardon ? Ce n’est pas évident car curieusement, ce légume de la famille des asteracées est presque essentiellement cultivé dans la région lyonnaise ou dans le sud, sous le nom de carde le plus souvent. Pour en savoir plus sur sa culture régionale, je vous renvoie à l’article du quotidien Le Progrès paru le 24 décembre… Le goût fin du cardon se mérite seulement après un long, fastidieux et salissant épluchage des côtes blanchies pendant plusieurs semaines, je vous conseille de porter des gants si vous ne voulez pas avoir les mains tâches par la sève qui noircit rapidement à l’air. Il existe une alternative à cette épreuve : utiliser le cardon en conserve. Et pour cela, je vous recommande vivement les cardons de la maisons Malartre, une fameuse maison lyonnaise fondée en 1947 et spécialisée dans les escargots, les quenelles et les cardons. La qualité est au rendez-vous et pour ma part, je suis un fidèle clients. Des photos de cardons ICI.

Le décor étant planté, passons à la recette… Deux écoles se livrent à une guerre pichrocoline dans les assiettes : sauce blanche contre sauce béchamel. J’ai opté pour la première mais la seconde est tout aussi bonne.


Gratin de cardons à la moelle

Pour 4 personnes

Préparation : 20 min - Cuisson : 25 min

Ingrédients : une boîte de cardons au naturel de 540 g, 6 os à moelle, du bouillon de volaille en cube ou maison, 50 g de beurre, 40 g de farine, 150 g de gruyère rapé, sel et poivre du moulin


Faire chauffer le four thermostat 6 - 180 °. Placer les six os à moelle dans une casserole haute et recouvrir de bouillon de volaille puis laisser cuire 10 minutes environ à petits bouillons. Les réserver. Faire refroidir le bouillon de cuisson.

Égoutter les cardons et les disposer au fond d’un plat beurré, saupoudrez de fromage rapé.

Dans une casserole, faire fondre 40 g de beurre puis ajouter la farine pour faire un roux clair. Mouiller petit à petit avec le bouillon de cuisson des os refroidi et laissez épaissir quelques instants. Rectifier l’assaisonnement.

Répartir la moelle coupée en tronçons de 1 cm d’épaisseur sur les cardons. Arroser avec la sauce. Placer le plat au four pendant 25 min.

Si vous tenez à utiliser des cardons frais, voilà comment procéder : éplucher deux petits cardons pour enlever les extrémités creuses et les fils. Couper les côtes en tronçons de 3 cm, laver en passant sous l’eau et égoutter. Dans une marmite, mettre 1/2 l de de lait entier et 2,5 litres d’eau, saler et porter à ébullition. Faire cuire les cardons 15 à 20 min environ en les couvrant à moitié sur feu moyen. Attention à la puissance du feu, la présence de lait a tendance à faire déborder le liquide. Procéder comme indiqué dans la recette ci-dessus.

700e billet ! Noël ! Noël ! Noël !




Six ans et demi après le début de ce carnet de route, me voilà rendu au sept centième billet. Et hop, un peu d’éclat avec ce petit sapin qui trône sur la console en osier du salon et fait le pendant avec le géant du salon et avec un Père Noël ventru. Je dédie ce billet à mon amie Natachenka en espérant que Noël garde tout de même une petite place au fond de son cœur…


P.S. : l’acclamation Noël ! Noël ! Noël ! accompagnait souvent celles de Montjoye ! Saint Denis ! lors des croisades…

Joyeux Noël !

Domenico Ghirlandaio (1449 - 1494)




Joyeuse et très Sainte Fête de Noël !



J'aime les huîtres... Noix de Saint-Jacques, endive et fenouil braisés

La naissance de Vénus par Boticcelli Ai-je déjà écrit que j’aimais les huîtres ? Non ? Alors je me rattrape. Oui ? Alors je radote. certains, espiègles, diront que l’un n’exclut pas l’autre…

La commune renomée gastronomique dit que manger une huître, c’est embrasser Vénus sur la bouche. D’autres, tout aussi inspirés, que c’est un baiser de la mer. Sans doute pensaient-ils tous à la Vénus naissante d’Alessandro Botticelli (Florence, circa 144-1510). Avez-vous déjà mangé une huître ? Vous tenez dans la main la coquille irrégulière, vous devinez sous le manteau vert du mollusque la blancheur irisée de la coquille, les petits cils s’agitent à peine lorsque vous approchez la fourchette qui détache la chair, vous portez le coquillage à la bouche et d’un geste vif vous laissez glisser chair et eau dans la bouche. Enfin, l’huître est sur votre langue, l’eau iodée s’écoule déjà dans votre gorge tandis que la chair froide stimule vos papilles. Grands dieux, n’aspirez pas, ne gobez pas ce cadeau de la mer mais croquez-le : soudain, vous sentez exploser l’huître et des embruns de saveurs emportent vos sens. Un, deux voire trois coups de dents et le corps haché de mollusque sacrifié à votre gourmandise rend son dernier souffle dans une gerbe de fraîcheur.

Lorsque mon ami Philippe est venu à Lyon, nous avons dégusté des huîtres de Marennes d’Oléron, des spéciales de claires sauf erreur : comme à chaque fois, l’émotion gustative a été intacte. Merci, le gourmand !

Deux adresses d’ostréiculteurs à ne pas manquer : Gillardeau et surtout Yvon Madec et les huîtres de Prat-Ar-Coum. Qui est partant pour se faire un cent d’huîtres, livrées à la maison le lendemain matin de la commande ?

Pourquoi ai-je parlé de mon amour de l’huître (j’aime beaucoup moins la moule comme certains le savent) alors que je vais publier une recette aux Saint-Jacques ? Parce que j’ai déjà évoquer cette merveille ICI et que non, je ne radote pas ! Bon, je vais vous donner une recette inaugurée avec Philippe et Robert au déjeuner du 5 décembre et dont le succès remporté est un encouragement à recommencer pour le déjeuner de Noël. Voilà les Saint-Jacques Saint-Jacques, endive et fenouil braisés, désarmantes de simplicité mais joyeusement goûteuses…


Noix de Saint-Jacques, endive et fenouil braisés

Pour 4 personnes

Préparation : 30 min - Cuisson :15 min

Ingrédients : 3 ou 4 coquilles Saint-Jacques par personne - fraîches ou surgelées - 1 endive , 1 bulbe de fenouil, du vinaigre balsamique de très bonne qualité, de la graisse de canard, sel et poivre du moulin


êl Détailler l’endive et le fenouil en fines lamelles. Faire chauffer un peu de graisse de canard dans un poêle et faire revenir les lamelles pour qu’elles deviennent translucides et légèrement colorées.

Dans le même temps, faire fondre un peu de graisse de canard et saisir les noix de Saint-Jacques sur les deux faces sans trop les faire cuire.

Dresser un petit dôme de lamelles d’endives et de fenouil sur une assiette chaude, ajouter quelques goutes de très bon vinaigre balsamique et placer les noix de Saint-Jacques. Terminer en déposant sur chaque noix deux ou trois grains de fleur de sel et un léger tour de moulin de poivre blanc. Servir aussitôt…

37 jours, des pissenlits et des bougies plus tard...

L’hiver est là, il a neigé ce soir…


Un jour, je ne me réveillerai pas… Quelques mots qui, à l’exergue de mon msn ont fait bondir. Pourtant, les jours s’écoulent si vite que je crains de ne pas me réveiller bientôt. Finalement, nous sommes tous des morts en sursis, non ? Trente-sept ont filé dans le silence sur ce blogue alors que ma vie s’épuise chaque jour un peu plus et que mes nuits mangent mes jours. Tout va très vite, trop vite, c’est un lieu commun, j’enfonce des portes ouvertes mais j’en prends parfois aussi en pleine figure.

Quelques bribes, en vrac, d’une vie.

Novembre est passé, sans rien dire, un mois comme un autre avec quelques beaux moments, quand même, d’amitié à deux, au restaurant, au cinéma, des moments de complicité et de rires vivifiants, rassurants, revigorants. Je les ai dégustés avec gourmandise parce qu’alors le temps assassin a suspendu son vol implacable entre deux sourires.

Les illuminations du 8 décembre ont été l’heureux prétexte pour revoir mon ami d’enfance Philippe, connu à l’école maternelle à l’âge de trois ans et retrouvé il y maintenant trois ans sur le net. Avec lui, la complicité enfantine a très vite été retrouvée, malgré plus de 25 ans de séparation. Trop de choses nous réunissent pour que nous soyons devenus des étrangers après nous être quitté à l’âge de douze ans. Il est resté trois jours à la maison, bousculant ma vie de célibataire mais en montrant une telle générosité dans l’aide apportée que sa présence fut une bouffée d’air frais. Entre deux agapes (petite litote) et avec des amis dont Robert le docte, nous avons arpenté les nuits lumineuses de la presqu’île, envahie par des hordes bigarrées et polyglottes qui déambulaient dans les rues à la recherche des installations de la fête des Lumières… Depuis deux lustres, la fête païenne a pris vraiment le pas sur la célébration de la Vierge Marie à Lyon. C’était mieux avant, peut être, lorsque la fête des lumignons ne durait qu’une journée, lorsque les magasins faisaient des efforts pour décorer leur vitrine - je me souviens, dans mon enfance, du boucher et du charcutier-traiteur qui baissaient le rideau à 17 heures pour le relever à 19 heures et exposer, à la foule admirative, des montages en viandes et saindoux représentant des scènes de Noël ou d’architecture -, lorsque Marie était reine des Cieux et des cœurs, lorsque le 8 décembre annonçait les fêtes de Noël… Philippe est reparti avant que les lyonnais aient placé sur leurs fenêtres les lumignons de la tradition. Le mardi soir, après avoir expédié la promenade de nos chiens respectifs, mon amie Bénédicte et moi avons déambulé dans les rues et sur les quais brillants de mille lumignons, détaillant les façades, comptant les bougies et faisant quelques haltes pour admirer les spectacles : seules les projections sur la cathédrale Sain-Jean nous ont convaincus. Nous avons dû boire deux verres de vin chaud et grignoter des orangettes au chocolat noir pour nous consoler… Ce soir là, après avoir raccompagné mon amie chez elle, je me suis arrêté, comme chaque année, dans l’église Saint-Nizier, pour la veillée du 8 décembre : en ce lieu, comme dans toutes les églises lyonnaises, la foi survit loin des faisceaux des projecteurs et des vendeurs de sandwichs. A l’entrée, des sourires, des salutations chaleureuses, on s’empresse autour du visiteur parce qu’il est chez lui, dans la maison du Seigneur, des boissons sont offertes, des plaquettes et surtout beaucoup d’amour et de joie.

Noël approche, et mon sapin, déjà dressé le 30 novembre, se sent seul sans la crèche que je n’ai pas encore installée. Le temps passe si vite et mes endormissements sur le canapé le soir étant presque quotidien, je ne sais quand elle sera dressée. Il me faut penser au menu du déjeuner de Noël qui se déroulera chez moi, comme l’habitude en a été prise depuis quelques années. Le foie gras en terrine sera précédé de coquilles Saint-Jacques sur lit d’endives et de fenouil et l’ensemble sera suivi d’un plat pour lequel j’hésite encore : une pièce de bœuf farcie au foie gras ou une pièce de veau farcie aux marrons et aux champignons. Mon prochain passage aux Halles de Lyon-Paul Bocuse détermineront mon choix…

J’ai mangé des pissenlits. Pas (encore) par la racine. Des pissenlits un peu amers, aux feuilles dentelées qui grattent la gorge quand on les avale. Tenez, essayez un jour le groin d’âne, un cousin du pissenlit que l’on trouve à Lyon dans la véritable salade lyonnaise avec lardons et œufs mollets : des feuilles un peu plus coriaces, de l’amertume encore plus présente et n’hésitez pas à verser les lardons brûlants sur la salade. La chaleur va attendrir les feuilles… Quand vous saurez que le pissenlit est aussi appelé dents-de-lion, vous comprendrez pourquoi il est tant apprécié entre Rhône et Saône. En passant, évitez la salade lyonnaise faite avec de la frisée, c’est autant une hérésie que le gratin dauphinois avec du lait et du fromage rapé…

9 novembre 1989... Enfin !

Nous les avions abandonnés au communisme à Yalta en 1945, victimes des négociations pour arrêter la seconde guerre mondiale. Dans son discours à Fullton (Missouri) le 5 février 1946, Winston Churchill  dira « De Stettin sur la Baltique à Trieste sur l’Adriatique, un rideau de fer s’est abattu à travers le continent ». Puis se dresseront les silhouettes extraordinaires du Pape Jean-Paul II, Lech Walesa, Mikhaïl Gorbatchev qui montreront la voix de la liberté contre le communisme.

Ce matin, sur RTL, l’invitée de Jean-Michel Apathie était la gardienne du zoo, Marie-Georges Buffet qui n’a jamais reconnu qu’elle regrettait le communisme et qu’elle se réjouissait de la fin du système en Europe. Elle a bredouillé qu’en novembre 1989, alors que le mur tombait à Berlin, les communistes de Paris étaient réunis pour réfléchir… Quel aveuglement, quelle absence de conscience politique, quelle honte pour ces lobotomisés… Le 9 novembre 1989, j’étais devant la télé et je regardais le mur tomber, empli de joie et d’espoir, prêt à accueillir la liberté reconquise comme l’on accueille son frère au terme d’un long voyage. Vive l’Europe !

Quelques images tirées du diaporama du site Le Figaro et du très bon dossier Vous aussi, cassez le mur:

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